Photographies


 

Introduction à la photo de rue

Un nombre important de mes sujets photographiques relèvent du choix de l’errance, d’une photo pulsionnelle et vivace. C’est une approche qui n’est pas toujours appréciée des spécialistes qui sollicitent plutôt, de nos jours, des choix précis à caractère sociologique. Pourtant, la photo de rue ou la photo d’une situation particulière sont deux formes majeures de l’expression photographique, il ne faut pas les opposer l’une à l’autre. Bien sûr, la première est à présent plus semblable et accessible à la photo de « Monsieur tout le monde » ; mais je n’ai rien contre la photo de Monsieur « tout le monde ».

Mon travail photographique est cohérent avec ma manière de voyager, il est moins investigatif qu’instinctif, moins scientifique que vitaliste et je trouve qu’il y a un paradoxe à vouloir attribuer à la photographie une dignité toujours plus grande dans le domaine de l’art, tout en réduisant son champ d’expression pulsionnelle.

Ainsi ma pérégrination recouvre le désir de ressentir le monde et à l’heure de la mondialisation d’en percevoir la réalité, qui d’ailleurs peut se vanter de connaître vraiment plus de 5 pays ? Je préfère aimer les gens que les étudier. Chaque continent possède un parfum, une âme. Certes dire « l’Orient », « l’Occident », « l’Afrique », ça ne veut rien dire, et pourtant… Les images de la vie forment des tableaux denses de millions d’information, elles sont la synthèse des cultures et de leur histoire. A la fin, nous ne sommes pas riches de la somme de nos connaissances, mais de celle de nos émotions. Une vieille photo, c’est ce qu’il restera de nous.