Asia number one


 

En 2010, la Chine a officiellement dépassé le Japon comme deuxième puissance économique mondiale. Doit-on redouter la menace militaire chinoise, son emprise économique? Faut-il prôner la méfiance ou au contraire l’engagement amical? Le développement économique de la Chine enfantera-t-il la démocratie?

Je ne puis répondre à ces questions, mais en l’état des choses, une évidence frappe le simple voyageur que je suis : rien ne serait plus absurde que de fermer les bras à l’Orient, rien ne serait plus tragique que de renoncer aux ouvertures qui s’offrent : par-delà leurs systèmes politiques, les orientaux sont le plus souvent empathiques, curieux et admiratifs de l’occident, ils le connaissent bien mieux que les occidentaux ne connaissent l’orient. Vue d’occident, l’Asie qui s’accroît économiquement ne sera pas capable de proposer un modèle de société comparable à celui américain. Pour diverses raisons, nous ignorons l’étendue de l’influence japonaise : la première tient au fait qu’il n’est pas de moteur à l’exportation de la culture au Japon, qu’il n’y a pas contrairement à l’Amérique d’ostentation ou d’esprit de conquête par la culture, le peuple japonais n’en est pas pour le moins convaincu de former la communauté la plus civilisée du monde.

Par ailleurs, les sociétés asiatiques sont très diverses et l’on ne perçoit pas en quoi elles peuvent présenter une orientation culturelle commune mais l’occident lui-même très divers, a su tirer de sa complexité ses armes de conquête. Je crois en l’essor par « capillarité » de la culture japonaise ( mais de celle coréenne aussi ou en la connexion naturelle entre les divers Pays )  et à une Chine conquérante. De la Corée du Sud en passant par Taiwan et jusqu’en Thaïlande, l’imprégnation japonaise est une évidence pour le voyageur attentif. Elle représente un goût de l’avenir, une « jouissance du futur » incarnée notamment par l’essor technologique. Il faut espérer que l’exemplarité du modèle social japonais fait du respect, de la quasi-absence de criminalité, de la recherche utopique de la sérénité, déteigne suffisamment sur l’arrogance croissante du grand voisin chinois mais aussi sur « l’indépassable » occident.